Nous quittons donc Salta le 2 janvier, frais comme des gardons, direction Cafayate. Nous prenons la route 68, une des plus belles d’Argentine. On fait des stops régulièrement pour admirer les points de vue, et on décide de se poser pour dormir au pied de la Garganta del Diablo. C’est un vrai bonheur de pouvoir dormir à nouveau dans la nature, où on veut, et seuls !
Le lendemain continuons la route 68. On s’arrête tous les 15 minutes tellement le paysage est splendide.
Enfin nous nous posons dans un petit camping près de centre de Cafayate. Les filles jouent souvent aux échecs avec Étienne, s’initient à la vaisselle, font des devoirs tous les matins, vont à la piscine. La vie est belle.
Le 4 janvier on va dans une famille près de Cafayate pour un cours de cuisine d’empanadas. On y croise un couple de français et 5 jeunes belges très sympa. La dame qui nous fait le cours est un amour, pleine de bonne humeur. On passe une super soirée à cuisiner, échanger, se régaler.
Le lendemain lundi nous partons faire une balade à cheval avec le couple de français. On grimpe dans la montagne jusqu’à un superbe point de vue sur la vallée de Cafayate. On y voit entre autre la mer de panneaux solaires à côté de la ville. Encore une fois Olivia est au paradis. Elle est contente de faire plus souvent du cheval, et voudrait faire de l’équitation au retour.
Ensuite on s’attaque aux choses sérieuses. Cafayate est une des capitales du vin en Argentine quand même ! On redécouvre le Torrontès que Franck nous avait fait goûter. C’est un bon blanc sec très doux, on adore. Il y aussi de délicieux Malbecs, et on retrouve du Tannat qu’on avait découvert en Bolivie. On en profitera pour faire quelques réserves en vue de la réunion familiale qui approche.
On ira aussi passer un après-midi dans une fromagerie avec élevage de chèvres. L’endroit est paisible, on se pose sous les arbres pendant que les filles jouent dans le jardin. Par un heureux hasard le propriétaire tient aussi la plus ancienne bodega de la ville, on peut donc déguster un petit assortiment vin-fromage. Que demander de plus ! La visite de la fromagerie est très sympa. Olivia serait bien repartie avec quelques chevreaux et moi avec une mémère qui demandait plein de câlins !
En prenant la route vers le sud nous visitons les ruines de Quilmes , une citadelle fortifiée érigée par les Indiens Quilmes. Ils opposèrent une résistance farouche aux invasions incas du XVème siècle, et continuèrent à lutter contre les Espagnols pendant 130 ans, jusqu’à leur défaite en 1667. Aujourd’hui c’est une civilisation presque éteinte, mais certains survivants vivent encore dans la région et essaient de faire connaître leur peuple et leur histoire.
Le 9 janvier nous retrouvons des copains voyageurs rencontrés par Étienne à Anvers et par moi en Uruguay : Constance, Antonin et leurs 3 petits garçons.
On se donne rendez-vous dans un camping avec une énorme piscine pour que les enfants puissent se dégourdir les pattes pendant qu’on se raconte nos expériences. Ils avance tellement plus vite que nous ! Ils sont déjà descendus jusqu’en Patagonie et remontés. On est vraiment des pépères.
Ensuite on se fait un énorme asado, on parle beaucoup et les enfants jouent bien. On termine par une coinche pendant que les enfants regardent un film, soirée au top pour tout le monde !
Le lendemain nous reprenons la route pour Mendoza, vers le sud. Nous roulons pas mal puis atterrissons dans un petit repère entretenu par des moines : Anjaya. On est seuls au monde, on décide de terminer la soirée par un feu de camp-chamallow, instants qui rappellent toujours à Étienne son enfance canadienne et le rendent heureux.
À San Juan nous nous posons deux jours dans un camping avec grande piscine. On prend le temps de prendre des photos de Francine en long et en large pour compléter l’annonce qu’a commencée Étienne pour la vente du camping-car à la fin du voyage. Il décide d’axer sur le côté clef en main, parfait pour une famille. On est contents du résultat. On verra bien !
Un peu plus au sud nous visiterons une bodega de champagnes et une exploitation d’huile d’olives. Autant la première visite était intéressante, avec dégustation délicieuse et riche en explications, autant la deuxième était vite expédiée, avec dégustation d’huile d’olives vraiment pas terrible.
Le soir du 14 janvier nous arrivons à Mendoza. On trouve un super parking en plein centre et on part se faire un bon resto. Au début tout se passe bien, on se régale. Bon vin, énorme parilla. Puis Lolotte s’ouvre le gros orteil avec une chaise en fer, bonne panique en terrasse. Heureusement Étienne a de quoi gérer la crise rapidement et Lolotte est une warrior.
On termine le repas par le glacier italien du coin, commerce qui a presque un siècle. On ne peut pas dire à quel point on se régale. Ce sont simplement les meilleures glaces de tous les temps ! On y retournera tous les jours jusqu’à notre départ pour essayer de goûter un maximum de saveurs, sauf Oli qui ne pourra pas renoncer à sa fameuse glace menthe-chocolat.
Le jeudi nous commençons par visiter le parc San Martin. 393 hectares de verdure en plein centre ville ! On est conquis. Les filles peuvent grimper aux arbres, on peut se poser à l’ombre dans l’herbe, on se renseigne sur la vie de San Martin (personnage rare), c’est juste parfait. On y retournera plusieurs fois, avec des talkie-walkie pour que les filles puissent vaquer à leur guise tout en nous tenant au courant de leurs aventures. On y visitera aussi le musée d’anthropologie et de sciences naturelles. Musée gratuit avec 40000 pièces exposées, on a tous les 4 adoré.
Mendoza ayant une grosse communauté italienne nous goûterons aussi de délicieuses pizzas napolitaines, focaccias, burratas… On ne fait que se régaler.
Un jour de pluie on se réfugie dans un restaurant végétarien « por kilo » comme on les adore. Un guitariste réfugié lui aussi commence à jouer un morceau, le restaurant se met à chanter en coeur. Puis un des clients dit qu’il est mariachi et fait à son tour un morceau, il chante super bien et fort, l’ambiance monte d’un cran et ça devient la fête dans le restaurant.
Mendoza sera aussi la ville de la découverte des filles de la marche athlétique. Après une explication et une preuve en vidéo, Oli et Lolotte se mettent à l’entraînement. On aura beaucoup de fous rires en voyant ces petites fesses se déhancher sur les trottoirs !
La ville est agréable, pleine d’arbres. On y croise des milongas de tango sur les places piétonnes le soir (j’y ai même dansé un tango avec un petit vieux tout mignon). En fait Mendoza est un paradis. C’est sûr, si on doit quitter la France un jour c’est là que je voudrais habiter !
Lundi 19 janvier nous reprenons la route et nous faisons une pause aux termes de Cacheuta. On y trouve une dizaine de bassins à différentes températures, des toboggans, et beaucoup de monde ! Mais l’endroit est agréable et on barbote tranquillement quelques heures. À la sortie nous tombons sur un vendeur de jambon cru, Étienne devient tout fou. 6 mois que nous n’en avons pas mangé, la bonne charcuterie ça manque !
Le soir nous arrivons à Uspallata, petite ville dans la montagne, près de la frontière du Chili. Nous ne sommes plus très loin de l’Aconcagua, plus haut sommet des Amériques. Au programme : deux jours de balade à cheval avec nuit campée ! Les filles sont au paradis.
Les propriétaires, Daniel et ses 3 fils, ont une trentaine de chevaux dans le pré. Ils en choisissent une dizaine car une partie des chevaux serviront de mules et transporteront les tentes et réserves d’eau et de nourriture. On fait les réglages des étriers avec eux, on met tout au point, et nous sommes prêts. Le lendemain départ 8h !
Au moment du départ nous rencontrons Pyros, un argentin qui a vécu longtemps en Suisse et qui va faire la balade avec nous. Il est sympa et un peu fou-fou. Il adore monter sur des rochers et crier tel un loup, il sort régulièrement son drone, porte des espadrilles. Un personnage.
Le paysage est grandiose encore une fois. On fait des pauses toutes les heures, il fait bien chaud. Au bout de 3h on a un peu peur, le cheval d’Olivia s’arrête et se couche, alors qu’elle est encore dessus ! Olivia descend à temps de la selle, sans peur aucune. Daniel explique que le cheval a trop chaud, mais qu’on arrive bientôt au campement. On reprend la route qui se termine sans autre souci. Par contre Olivia est complètement hs à l’arrivée, 4h de balade on se rend compte que c’est un peu trop.
Pendant que Daniel et sa famille installent le camp, on part toucher l’eau de la rivière qui coule à côté, on met les bouteilles au frais dans l’eau. Il faut un soleil de plomb, on installe notre tente sous une bâche dans la petite cabane sans toit. Nous faisons une petite sieste pendant que les filles chouchoutent les chevaux.
Le soir Daniel nous prépare un délicieux asado, et nous sert leur boisson quotidienne : vin soda ! Ce n’est pas terrible on ne vous le cache pas, entre le kalimucho et la sangria. Ça fait beaucoup rire Pyros quand on dit qu’on vient d’une grande région de vins en France, et qu’il voit qu’on boit cette mixture dans des gobelets en plastique. Ce qui est sûr c’est que nous garderons en mémoire la qualité et la cuisson parfaite de la viande, les discussions devant le feu de bois, la nuit étoilée dans la montagne, le bruit de la rivière à côté du campement.
Le lendemain je me réveille bien fatiguée. Nous avons dormi à 4 dans la tente et Charlotte a passé la nuit à me monter dessus et à me donner des coups. Je compatis tellement pour Olivia qui dort dans le même lit qu’elle depuis 6 mois ! Je comprends qu’elle ait hâte de retrouver son espace à Créon.
Étienne part faire sa méditation quotidienne au bord de la rivière avec vue sur la vallée, on fait un feu de bois pour chauffer l’eau du café et du maté, Pyros escalade des rochers et fait des appels à la nature, les filles vont se baigner et font des kerns. Puis nous rentrons au village, cette fois en 3h. C’était vraiment une balade incroyable dont on se rappellera longtemps.
On remballe tout, on récupère Francine, et cap sur le Chili !



























































